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HISTOIRE DU CHEMIN INCA VERS LE MACHU PICCHU

HISTOIRE DU CHEMIN INCA VERS LE MACHU PICCHU

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HISTOIRE DU CHEMIN INCA : ORIGINE, CONSTRUCTION ET FONCTIONS DU PLUS GRAND PROJET D’INGÉNIERIE INCA

Dans cet article de recherche, nous avons retracé l’histoire du Chemin Inca vers le Machu Picchu, depuis les premières découvertes archéologiques jusqu’aux informations issues de documents conservés dans diverses archives péruviennes. Il est important de noter que la véritable histoire du Chemin Inca vers le Machu Picchu demeure un mystère, car plusieurs générations de Quechuas furent décimées après l’arrivée des Espagnols au Pérou et se réfugièrent dans les jungles les plus reculées du continent sud-américain. Le Qhapaq Ñan, ou Chemin Inca, est un espace architectural unique qui relie la vaste diversité historique, culturelle, humaine et géographique du Pérou, tant sur le plan temporel que spatial. Ce chemin, qui a facilité les déplacements de population depuis l’époque des Incas jusqu’à nos jours, est devenu le moyen de communication et d’échange rituel par excellence pour les peuples du monde andin.

L’histoire du Chemin Inca est intimement liée à celle des diverses sociétés andines qui ont participé à sa construction. Aujourd’hui encore, plusieurs de ces groupes ethniques andins perpétuent leurs traditions orales et leurs danses liées à la construction de maisons, de routes, de ponts et d’édifices publics. La route inca constituait une artère principale du Tawantinsuyu (Empire inca), reliant les diverses régions andines. Pour ce faire, les routes étaient adaptées à la diversité des environnements grâce à des éléments architecturaux bien conçus, appliqués aux différentes sections du réseau routier andin.

Dès les premières présences humaines dans les Andes, le processus d’établissement de routes et d’organisation territoriale s’est amorcé, guidé par les caractéristiques du terrain, des paysages et des ressources. Par ailleurs, la nécessité de satisfaire les besoins humains fondamentaux, ainsi que les besoins spirituels, a également joué un rôle. Dans ce contexte, les zones riches en nourriture, en gibier et en poissons, qu’elles soient saisonnières ou permanentes, ont facilité la construction de sentiers permettant d’accéder à ces ressources. L’obtention de matériaux pour la fabrication d’outils et l’accès à des lieux mystiques tels que les montagnes, les sommets enneigés et les volcans étaient essentiels à l’époque et le restent encore aujourd’hui. Ainsi débuta l’histoire du Chemin Inca, avec la formation de villages puis l’émergence de systèmes politiques intégrés et centralisés. Nombre de ces itinéraires furent formalisés. D’autres se développèrent en fonction de différents besoins ; plusieurs chemins sont régionaux, interrégionaux, et certains desservent même de vastes territoires.

COMMENT EST NÉE LE GRAND CHEMIN INCA AU MACHU PICCHU?

Le Chemin Inca vers le Machu Picchu est l’aboutissement d’un processus d’expansion et de consolidation politique du Tahuantinsuyo (Empire Inca) entre les XVe et XVIe siècles. Sa construction systématique était intimement liée à la nécessité de contrôler un vaste territoire diversifié de près de 2 millions de km², s’étendant du sud de la Colombie au centre du Chili. Les Incas ne sont pas partis de rien ; ils ont exploité et unifié un réseau préexistant de sentiers et de routes construits par des civilisations antérieures (telles que les Wari, les Tiwanaku, les Moche, et d’autres), les améliorant, les étendant et les reliant entre eux.

Le Chemin Inca fonctionnait comme le système circulatoire de l’Empire, essentiel à la redistribution des biens, à la mobilisation de la main-d’œuvre et à la transmission des connaissances. Son émergence ne fut pas un simple acte administratif, mais aussi un processus d’imposition idéologique : la route incarnait le lien sacré avec les ancêtres et les huacas (lieux sacrés), et son usage était régi par un ordre social strict. Le réseau, qui dépassait les 30 000 km à son apogée, reliait la côte, les hauts plateaux et la jungle, facilitant la circulation de produits tels que le maïs, la laine d’alpaga, le poisson séché et la coca.

Le Chemin Inca menant au Machu Picchu se développa comme une branche stratégique et cérémonielle du vaste réseau routier Qhapaq Ñan. Sa construction fut ordonnée par le Sapa Inca Pachacuti au XVe siècle, suite à l’expansion de l’empire dans la région de Cusco et à la fondation de la llacta (cité) du Machu Picchu. Cette route n’avait pas de vocation commerciale ou militaire première, mais servait plutôt de voie de pèlerinage et d’accès exclusif au complexe sacré pour l’élite impériale et la suite royale. Son agencement a été intentionnellement conçu pour créer une expérience rituelle d’approche de la citadelle, intégrant une séquence de sanctuaires, de points de contrôle (tels qu’Intipunku, la Porte du Soleil) et de complexes résidentiels (tels que Wiñay Wayna) qui préparaient physiquement et spirituellement le voyageur à l’arrivée dans l’environnement majestueux du Machu Picchu.

QUI A INITIÉ LA CONSTRUCTION DU CHEMIN INCA MENANT AU MACHU PICCHU?

La construction du Chemin Inca menant spécifiquement au Machu Picchu fut initiée sur ordre du Sapa Inca Pachacuti (souverain d’environ 1438 à 1471), fondateur et transformateur de Tahuantinsuyo en un vaste empire. C’est sous son commandement militaire et grâce à une réorganisation administrative visionnaire que le territoire de Cusco connut une expansion considérable, et que le Machu Picchu fut conçu et construit comme une llacta (cité-État) d’une grande importance cérémonielle et administrative, et probablement comme lieu de retraite royal. Ainsi, l’infrastructure d’accès à ce site sacré, notamment la branche du Qhapaq Ñan que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de « Chemin Inca », constituait un projet d’État directement lié à la volonté de ce souverain, partie intégrante de la conception globale de la citadelle et de sa fonction au sein de l’empire.

L’initiative de Pachacuti n’était pas un acte isolé, mais l’aboutissement de siècles de savoir accumulé. La construction physique de la route fut réalisée par des spécialistes incas (ingénieurs et architectes) et une main-d’œuvre considérable organisée selon le système de la mit’a, un système de travail forcé par rotation imposé aux populations conquises. Ces ouvriers, supervisés par des administrateurs impériaux (orejones ou curacas), appliquèrent des techniques d’ingénierie avancées pour adapter la route à la topographie escarpée de la forêt de nuages. Il est essentiel de comprendre que la route, bien que nouvellement construite, a pu intégrer et améliorer des sentiers préexistants des cultures locales, mais sa conception comme voie processionnelle et accès contrôlé au Machu Picchu résultait d’une planification inca centralisée, reflétant le pouvoir absolu du Sapa Inca de mobiliser les ressources et la main-d’œuvre.

Plus profondément, le début de sa construction peut également être attribué à l’État inca et à son idéologie religieuse. La route fut conçue non seulement comme un chemin physique, mais aussi comme une expérience spirituelle et symbolique. Son tracé reliait intentionnellement des sanctuaires (huacas), des sources d’eau sacrées et des complexes résidentiels secondaires, créant ainsi un rituel de pèlerinage et d’ascension vers la citadelle. Dans ce contexte, le « commencement » correspond à un mandat divin : le Sapa Inca, considéré comme le fils d’Inti (le dieu Soleil), ordonna la transformation du paysage pour matérialiser l’ordre cosmologique et son propre pouvoir sacré.

D’un point de vue technique, sa construction fut un chef-d’œuvre d’ingénierie, s’adaptant au terrain difficile de la forêt de nuages. Les bâtisseurs incas tirèrent parti des formations rocheuses naturelles et conçurent une route pavée avec des escaliers, des tunnels, des systèmes de drainage et des murs de soutènement pour franchir les pentes abruptes et prévenir l’érosion due aux pluies torrentielles. L’itinéraire fut planifié avec une logistique précise, incluant des tambos (refuges) et des terrasses agricoles pour nourrir les pèlerins et la garnison. Ainsi, ce chemin apparut non seulement comme une liaison physique, mais aussi comme un élément indissociable de l’aménagement sacré et paysager du Machu Picchu, l’isolant symboliquement de la population et renforçant son caractère de refuge royal et de centre cérémoniel de premier ordre au sein du territoire sacré inca.

À QUOI RESSEMBLE LE CHEMIN INCA À ANTISUYU, OÙ SE SITUE LE MACHU PICCHU ?

Courte et sinueuse, cette route se divise rapidement. Par endroits, elle est pavée, et sur des tronçons comme celui qui conduit au Machu Picchu, elle est particulièrement élégante. Les routes de montagne, difficiles et coûteuses à entretenir et à construire en raison des pluies et des pentes abruptes, servaient à l’approvisionnement en bois, coca, cire, miel, plumes et substances médicinales pour les pratiques religieuses incas. À l’instar des routes de la côte nord, elles étaient bordées de fortifications construites au sommet des collines environnantes. La route principale d’Antisuyu mesurait de 3 à 5 mètres de large à la sortie de Cusco, au sud de Sacsayhuaman.

Réservées aux piétons, les routes incas étaient adaptées aux caravanes de camélidés et au déplacement de milliers de soldats des armées impériales. Conçues pour la circulation des personnes, des animaux et des marchandises, elles témoignent d’une ingénierie remarquable, ainsi que d’un entretien rigoureux, qui leur confère une valeur considérable. Grâce aux communications facilitées par la Route Inca, les Incas purent organiser efficacement l’ensemble du Tawantinsuyu. Tous les 10 à 20 km, on trouvait des chasquiwasi (maisons de messagers) et des tambos (relais). Ces sites permettaient aux voyageurs de se reposer et de se ravitailler avant d’atteindre les différentes communautés et centres administratifs qu’ils visitaient.

Depuis les centres provinciaux, les gouverneurs incas exerçaient leur contrôle sur leurs territoires respectifs. À cette fin, chaque centre disposait d’un ensemble de bâtiments conçus spécifiquement pour remplir certaines fonctions : hébergement des fonctionnaires (kallanka), habitations et ateliers de production (cancha), stockage des ressources (colca), logements pour les jeunes femmes choisies (acllawasi), et lieux de cérémonies publiques et rituelles (bains, places, ushnu).

Le réseau routier était centré sur la cordillère des Andes, qui s’étend du nord au sud parallèlement à l’océan Pacifique, le long de la côte ouest de l’Amérique du Sud. Les possibilités techniques de l’époque ont permis d’opter pour une solution adaptée aux piétons. La route devait faciliter le passage des personnes à pied, généralement accompagnées de caravanes de lamas, et menait les voyageurs sur des sentiers bien tracés. Elle traversait la chaîne de montagnes dans le sens de la longueur, franchissant les pentes par des escaliers, traversant les ravins par des ponts, des plateformes ou de longs tronçons surélevés, et ce, là où la nature imposait de telles solutions.

De tous les points des Andes, on pouvait rejoindre ce réseau. Grâce à lui, on pouvait aller partout, et de n’importe quel endroit, jusqu’à Cusco. Il offrait un équilibre entre les contrastes et les défis du paysage andin, accidenté et diversifié, où l’on trouve presque tous les paysages de la planète : des environnements aux neiges éternelles, avec des landes et des steppes froides à proximité, des ravins abritant des forêts humides ou sèches, ainsi que des savanes et des vallées, tempérées ou chaudes, côtoyant des plaines sablonneuses et des déserts, des jungles et des forêts sempervirentes, des steppes et des affleurements rocheux.

QUELLES FURENT LES PREMIÈRES SOCIÉTÉS ANDINES À S’INSTALLER LE LONG DU CHEMIN INCA MENANT AU MACHU PICCHU ?

Lors des fouilles archéologiques des années 1980 et 1990, les chercheurs ont décrit et caractérisé avec minutie toutes les découvertes, notamment les vestiges architecturaux, céramiques et autres. Ces recherches indiquent la présence, sur ces sites, de vestiges matériels d’origine inca et, dans une moindre mesure, de traces pré-incas. L’archéologue Kendall décrit plusieurs sites autour du bassin du fleuve Cusichaca et mentionne, par exemple, le site de Choquepata, situé dans la partie supérieure de Piscacucho, non loin de l’Isla Chico. Elle fait état de bâtiments et de cours construits en terrasses, ainsi que de la présence de céramiques en surface. Il est également rapporté que les styles céramiques présents sur le site ont été identifiés et caractérisés comme étant de style Killke, apparentés aux styles Killke et Inca Cusco.

L’un des plus anciens sites d’habitation humaine découverts le long du Chemin Inca menant au Machu Picchu est le site archéologique d’Isla Chico. Ce site se compose de 57 terrasses orientées est-ouest, de dimensions et de formes irrégulières, avec des pentes abruptes de 35° à 40°, adaptées au terrain et agencées en gradins. Des vestiges d’enclos circulaires et rectangulaires sont visibles à leur surface. Les terrasses reposent directement sur un lit géologique alluvial formant un plateau en saillie nord-ouest/sud-est. En surface et dans les creux naturels des terrasses, on observe, en proportions hétérogènes, des schistes argileux, des galets, de l’ardoise, du schiste, de l’argile et du limon, caractéristiques de la formation géologique d’Ollantaytambo. Les structures de ce secteur ont été construites à l’aide d’éléments lithiques semi-taillés (schistes ardoisiers, galets de rivière et granodiorites) assemblés sans mortier. Les plateformes reliant le sommet des murs présentent des longueurs irrégulières, variant de 1,5 à 11 mètres, et des hauteurs comprises entre 0,50 et 1,70 mètre. Les fouilles ont révélé la présence d’une architecture ancienne associée à une céramique caractéristique du style Marcavalle, témoignant d’une première occupation du site.

À d’autres niveaux, des fragments de céramique correspondant aux styles Qotakalle, Araway et Muyuq Orqo (Horizon moyen) ont été mis au jour, indiquant une seconde occupation. La troisième occupation se caractérise par une architecture circulaire associée à de petites cours avec un foyer central et des contextes funéraires attribués à l’occupation Killke. Enfin, on observe une brève période d’occupation continue de ces structures durant la période inca. Ainsi, l’ensemble des données suggère une occupation continue de la Période formative récente (500 av. J.-C. – 200 apr. J.-C.) à l’Horizon récent (1400-1533 apr. J.-C.) et une réoccupation moderne à des fins agricoles.

QUI UTILISAIT LE CHEMIN INCA VERS LE MACHU PICCHU ?

Ces routes servaient non seulement aux hommes, mais aussi aux animaux de bât, comme les lamas, compagnons habituels des voyageurs. Les armées incas qui les empruntaient comptaient des centaines, voire des milliers d’hommes, toujours accompagnés d’un nombre tout aussi important de lamas. Le Chemin Inca vers le Machu Picchu était également constamment utilisé par les ouvriers Mit’ayoq, tenus de remplir leurs obligations envers l’État en dehors de leur zone d’activité habituelle, ainsi que par les curacas (gouverneurs locaux) et leurs cours respectives lors de leurs visites dans les régions sous leur contrôle. Il faut également prendre en compte les déplacements nécessaires des Kamayuq (fonctionnaires). Ces derniers devaient accomplir leurs tâches spécialisées dans diverses parties de l’empire : gérer des ateliers de textile, d’orfèvrerie ou de poterie, ou superviser des projets d’ingénierie hydraulique, agricole, civile ou architecturale. Tous, outre l’Inca et sa cour, impliqués dans les mouvements des armées, utilisaient ce réseau routier.

Les chaskis (messagers incas) servaient de courriers, assurant la transmission rapide et efficace des informations nécessaires au fonctionnement de l’État et à l’appareil politique. Dès leur plus jeune âge, ils étaient spécialement formés pour fonctionner au sein d’un système de relais où des coureurs transportaient messages et petits objets pendant plusieurs jours, parcourant les différents villages du Tawantinsuyu. Grâce aux chaskis et à leur parfaite connaissance des routes, les Incas et les autres dignitaires du Tawantinsuyu pouvaient être informés des événements se déroulant dans des lieux éloignés de Cusco, où qu’ils se trouvent.

Les soldats empruntaient également le Chemin Inca au Machu Picchu. Ils voyageaient en groupes de taille variable et étaient souvent équipés de provisions stratégiques importantes, même si l’empire disposait d’un système bien organisé d’entrepôts ou de dépôts pour les vivres, les vêtements et les armes le long des routes principales. Ainsi, une caravane militaire comptait certainement deux fois, voire plus, le nombre de soldats, ainsi qu’un nombre considérable de lamas qui, outre le transport des provisions, fournissaient de la viande et, plus tard, de la laine et du cuir. Étant donné qu’une campagne militaire pouvait durer des mois, voire des années, ce type d’appareil logistique était indispensable. Le réseau routier le rendait possible.

Le Chemin Inca au Machu Picchu reliait les centres de pouvoir incas et permettait la distribution et la circulation des biens produits à ces fins. Le chemin inca  contribuait également à l’établissement de nouveaux centres de production et favorisait le développement de zones peu productives en permettant la mise en place de systèmes d’irrigation ou de terrasses agricoles à proximité de la route, même en l’absence de centres urbains. Ce faisant, elle encourageait l’installation de populations dans des lieux inhabités propices à certaines formes de production ou d’exploitation des ressources.

QUELLES ÉTAIENT LES FONCTIONS DU CHEMIN INCA VERS LE MACHU PICCHU?

Le Chemin Inca vers le Machu Picchu, à l’instar d’autres routes, fut construit pour faciliter la communication avec les centres administratifs incas, ce qui suggère une fonction administrative originelle. De même, plusieurs routes furent clairement planifiées et construites dans un but explicitement économique, notamment en lien avec les sites d’extraction de matières premières, tels que les mines, ou avec des lieux d’importance agricole et hydraulique, comme les lagunes qui alimentaient en eau d’irrigation certaines vallées ou bassins.

Par ailleurs, le Chemin Inca vers le Machu Picchu servait au transport de minéraux, de bois, de plumes, de textiles comme la laine, le coton et d’autres fibres, de denrées alimentaires et d’objets destinés au culte. Ces marchandises pouvaient être acheminées vers la cité sacrée du Machu Picchu, mais elles servaient aussi fréquemment les mécanismes complémentaires qui caractérisent l’économie andine. Ainsi, les routes transversales, qui facilitaient l’échange de produits provenant de différentes zones écologiques, constituaient un facteur d’intégration essentiel pour les communautés qui bénéficiaient de ces échanges, et pour l’État, qui pouvait ainsi mettre en œuvre efficacement ses programmes de redistribution.

Bien que l’impôt visât principalement à exploiter le travail des communautés intégrées à l’Empire inca, le transport de marchandises constituait une part importante du système et, d’une certaine manière, représentait la source de revenus sur laquelle l’État fondait son pouvoir par la redistribution. C’est ainsi que le travail des Mitmaqkuna (colonisateurs) de la Vallée Sacrée inca permit d’acheminer d’importantes quantités de maïs jusqu’au Machu Picchu par de vastes caravanes de lamas. Il en allait de même pour les feuilles de coca, dont le stockage était également assuré par des centres tels que Vilcabamba et Paucartambo, reliés aux « montagnes » orientales où elles étaient produites.

Par ailleurs, le réseau routier ne se limitait pas aux services économiques et militaires sur lesquels reposait sans aucun doute son existence. Il existe également des raisons cultuelles ou religieuses auxquelles il faut associer la construction de ces routes. Nombre d’entre elles furent tracées à proximité de sites sacrés ou de sanctuaires, comme le Machu Picchu et Wiñaywayna. Certains de ces chemins avaient strictement cette fonction, comme relier les habitants d’une région à son plus haut sommet ou à la lagune où se trouvait l’apu ou la pacarina principale, à laquelle un culte devait être rendu à des périodes précises de l’année. Il est probable que nombre d’apus et de pacarinas étaient desservis par des routes ordinaires, mais certains, bien plus importants, comme la route menant à la résidence sacrée du Machu Picchu, étaient strictement contrôlés et réservés à l’élite inca.

COMMENT LE CHEMIN INCA AU MACHU PICCHU A-T-IL ÉTÉ CONSTRUIT ?

Le Chemin Inca menant au Machu Picchu, ainsi que le réseau de routes incas, constituent le plus grand site archéologique d’un seul tenant d’Amérique du Sud. Les Incas ne disposant pas de véhicules à roues, les dimensions et les caractéristiques de construction des routes ont été adaptées à la géographie et aux déplacements des piétons et des lamas. Ainsi, leurs dimensions et leurs caractéristiques répondaient au mieux aux besoins de circulation des personnes et des marchandises.

La construction des routes a été réalisée par un personnel spécialisé qui a adopté des techniques adaptées à la diversité du terrain andin. Les techniques de construction étaient très variées, allant de l’utilisation d’aménagements structurés sur les routes principales (murs de soutènement, pavage, escaliers, chaussées surélevées, systèmes de drainage, ponts) à de simples sentiers. Dans les zones montagneuses, la route était conçue pour éviter les pentes supérieures à 50°, mais les flancs de collines étaient inévitables. La route de montagne reliant Cusco au Machu Picchu est une succession de sections ascendantes et descendantes. Les routes de montagne intégraient des courbes douces et des détours pour s’adapter aux pentes abruptes, aux cols, aux affleurements rocheux et autres obstacles. Les routes traversant les terres agricoles étaient bordées de murets. D’après les chroniqueurs, ces murets visaient à protéger les récoltes du passage des voyageurs et des bêtes de somme. La largeur de la route pouvait varier entre 3 et 10 mètres.

La construction de routes dans des sols hydratés nécessitait plusieurs techniques : canaux de drainage, pavage et chaussées surélevées. Des tronçons pavés sont visibles à Cusco, sur le chemin menant au Machu Picchu. Les chaussées, construites sur le socle rocheux, étaient remplies de terre et souvent bordées de murs de pierre. Les Incas combinaient diverses techniques de construction ; par exemple, ils utilisaient des escaliers avec des murs de soutènement et des excavations à flanc de colline, ou encore des chemins en zigzag. Les escaliers présentaient l’avantage de permettre un tracé rectiligne sur des terrains très escarpés. En général, les escaliers sont construits en pierres des champs ou avec un minimum de pierres de taille, comme on peut le constater sur certains tronçons du Chemin Inca menant au Machu Picchu, où l’on observe une variété d’escaliers de style inca.

Ces escaliers nécessitaient un entretien constant de la part des mitayos (travailleurs forcés) qui en étaient responsables, et de nombreux segments sont encore utilisés aujourd’hui. Sur les routes principales ou les sites importants, on trouve des escaliers taillés à même la roche. Ce type d’escalier exigeait les mêmes techniques et la même main-d’œuvre que celles utilisées pour la construction de murs en maçonnerie de pierre fine. Les exemples les plus courants sont les routes à flanc de colline lorsque les pentes sont parallèles à la direction de la route. Si la pente était inférieure à 15°, aucun aménagement particulier n’était nécessaire. Pour les routes de plus de 2 mètres de large, la tendance générale était d’intégrer des murs de soutènement latéraux afin de réduire la pente et de créer un plan horizontal pour le passage. Une variante de cette technique se retrouve sur les pentes abruptes, entre 30° et 70°, où des murs plus hauts sont utilisés. Un remarquable ouvrage d’ingénierie se trouve sur un tronçon en gradins de la route inca qui traverse le canyon rocheux de la vallée moyenne de Cañete, avec une pente supérieure à 50°.

Les rivières étroites et rapides des Andes exigeaient divers moyens de les franchir : construction de ponts, traversées en radeaux, ou autres méthodes. Les petits cours d’eau étaient facilement franchissables à gué, sauf pendant la saison des pluies. C’est pourquoi le trafic était parfois saisonnier. Pour traverser une rivière étroite, de longues poutres étaient posées et recouvertes de planches et de traverses. Le fleuve Huatanay, à Cusco, était traversé par un pont construit en grandes dalles de 3 à 4 mètres de long, dont beaucoup étaient encore en place jusqu’à la canalisation du fleuve. Certaines des plus grandes rivières sont suffisamment calmes pour être traversées en radeau.

Les larges et profondes vallées fluviales étaient franchies par des ponts suspendus bien construits. Ceux-ci étaient suspendus à quatre piliers ou tours en maçonnerie, deux de chaque côté du fleuve. Chaque pont nécessitait cinq câbles d’environ 40 centimètres de diamètre, faits de branches flexibles torsadées et tressées. Ces câbles étaient enroulés autour des poutres des tours de soutien, aussi tendus que possible, et solidement fixés. Trois d’entre eux formaient le tablier du pont, et les deux autres, les rambardes. Pour le tablier, des traverses étaient fixées aux câbles les plus fins et recouvertes de brindilles et de paille.

DOCUMENTS ETHNOHISTORIQUES DU CHEMIN INCA VERS LE MACHU PICCHU ?

Dans la zone qui constitue aujourd’hui le Sanctuaire historique du Machu Picchu, et présentant les caractéristiques susmentionnées du système d’encomienda, la ville de « Piccho », ainsi qu’Amaybamba, faisait partie de l’encomienda d’Hernando Pizarro, puis de Diego Arias Maldonado (1539-1582). La population indigène, qui exerçait un contrôle absolu sur ses terres et ses ressources, payait un tribut à l’encomendero sous forme de paniers de feuilles de coca, de petits paniers de piments, de grands paniers de fruits, de cordes, d’œufs, de poissons et d’autres marchandises. En 1561, Titu Cusi Yupanqui fut couronné Inca et obtint une importante capitulation des Espagnols, qui comprenait l’extension des frontières du gouvernement inca de Vilcabamba, englobant la rive gauche du fleuve Apurímac et la rive droite du fleuve Vilcanota. Il sollicita également l’autorisation d’établir des colonies dans les vallées d’Amaybamba et de Piccho, alors soumises au système d’encomienda du capitaine Diego Arias Maldonado.

L’ARRIVÉE DES AUGUSTINIENS

Entre-temps, l’ordre des Augustins arriva dans la région et, se fondant sur les terres que Don Felipe Topa Yupanqui, descendant du Grand Inca Yupanqui, avait localisées à Piri en 1552, dans la ville de Tambo (ou Ollantaytambo), dont les limites s’étendaient jusqu’au ravin de Piccho, la concession de terres fut officiellement octroyée en 1568 au couvent de San Agustín.

Les autres terres, nommées Turuntuy, Pampahugua, Pisca, Chuquisuso, Nacay, Macay, Tiobamba et Guayllanga, appartenaient toutes à l’Inca Yupanqui. La liste des terres se poursuivait dans le même esprit, incluant Pumachaca et Mayu Uray, qui appartenaient également aux Incas Yupanqui. C’est sur ces terres que fut établi le vaste domaine religieux du couvent de San Agustín, qui comprenait alors les territoires de Mascabamba, Huatabamba, Phiri, Tanqaq et Chillca.

FONDATION DE LA VILLE DE SAN FRANCISCO DE VICTORIA DE VILCABAMBA

Afin de consolider la conquête de Vilcabamba, Don Francisco de Toledo chargea Don Martín Hurtado de Arbieto d’être gouverneur de la région et ordonna le recrutement et le transfert de 52 indigènes des paroisses de la ville de Cusco, ainsi que les provisions nécessaires, pour fonder la ville de San Francisco de Victoria de Vilcabamba le 4 octobre 1572. La population déplacée fut tenue de servir les conquérants espagnols à Vilcabamba, à l’instar des Cañari à Cusco. Par stratégie, les « Indiens indigènes de Vilcabamba » se séparèrent et s’installèrent à un endroit appelé « Vayna Piccho » (Huaynapiccho), à dix lieues de distance, ce qui laissa supposer qu’ils comptaient « vénérer des idoles dans leurs rites et cérémonies comme au temps des Incas ».

Dans un mémorial de 1588, plusieurs citoyens de la région, dont Miguel Yupa, Alonso Guaipa Condor, Juan de Malli, Francisco Coro, Cristóbal Pariguna, Bernabe Gualpa Tito, Martin Parinango, Francisco Taquichin, Pedro Paco, Juan Palpa, Juan Yauruchaco, Francisco Cicha, Francisco Coro et Juan Yaros, ont déclaré que sur ordre du vice-roi Conde del Villar, les Indiens Yanacona, qui avaient été transférés de les paroisses de Cusco à Vilcabamba, furent à nouveau expulsées et contraintes de se réinstaller dans un poste appelé Vayna Piccho (Huaynapiccho) pour garder les Indiens conquis. A cet effet, des terres leur ont été attribuées dans les environs.

En 1635, Don Juan Concha, Juan Tomás Concha, Juan Quispe, leurs fils et les autres descendants des 52 indigènes déplacés de Cusco, obtinrent la possession réelle et matérielle des terres qui leur avaient été attribuées, dûment arpentées et marquées de bornes, à Vayanaycasa, Rucmabamba, Pitupukio et Cedrobamba. Leurs limites étaient les suivantes : « de Guaynapicho à la colline de Mallaucasa, puis à Guaironcasa et, de l’autre côté, à Palcay, où coule la rivière Uticmayo, qui rejoint la rivière Vilcamayo. Cette dernière coule en aval et borde, de l’autre côté, les terres de Don Baltazar Yepes. Des croix sont placées à chaque borne depuis des temps immémoriaux. »

En 1644, Don Juan Tomás Concha, chef et commandant des Indiens Yanacona de la ville de Vilcabamba, au Pérou, au nom de la population indigène de Vilcabamba, de ses ancêtres et de ses grands-parents transférés des paroisses de la ville de Cusco à ladite province, souligne que depuis l’époque des Incas et grâce à la distribution faite à leurs ancêtres par le vice-roi Don Francisco de Toledo, ils ont conservé la possession des terres appelées Guaynapicho, Mallaocasa, Guayrorcasa et Salqantay, qui étaient protégées par les corregidores de ladite province et par les dispositions royales du gouvernement, grâce auxquelles ils subvenaient à leurs besoins et payaient leurs tributs.

DOCUMENTS ETHNOHISTORIQUES DU CHEMIN INCA VERS LE MACHU PICCHU ?

L’INALIÉNITÉ DES TERRES AUTOCHTONES À L’ÉPOQUE COLONIALE ET AU DÉBUT DE LA RÉPUBLIQUE

En effet, selon la Compilation des lois des Indes, concernant la distribution des terres autochtones, celles-ci ne pouvaient être vendues aux Espagnols ni à aucun autre peuple, mais appartenaient à l’autochtone, se transmettant de parents à enfants, de génération en génération, et en leur absence, à leur communauté ou ayllu. Ainsi, ces terres sont restées sous le contrôle et la possession des indigènes, héritées des parents aux enfants comme le stipulent les titres fonciers, pendant toute la période coloniale, y compris les débuts de la République, jusqu’en 1849, déjà en pleine période républicaine, lorsque Don Juan Uscamaita Valentín et son épouse Doña Francisca Cullo, résidents de la ville de Limatambo, dans la province d’Anta, comme successeurs légitimes de leur défunt père Don Manuel Valentín Uscamaita, ont déclaré eux-mêmes être propriétaires des terres nommées “Suriray”, “Chillcapampa”, “Ahobamba”, “Patallaqta”, “Qquente”, la vieille ville de Palcay, “Huairuro Ccasa mayor”, “Huairuro Ccasa menor”, “Huaynapicho”, “Machupiccho”, “Ynteguatana”, “Machopilone”, “Huaynapillone”, “Atunpilloni”, “Uchuypilloni”, “HuiñayPoccoy”, Les terres « UnoyneHuayracpata », « Huayracmachay », « Salqantay », « Umantay », et d’autres encore, situées à la limite de la vallée et de la ville de Mesacancha, furent offertes en donation à leur parrain de mariage, Don Mariano Santos, en reconnaissance des faveurs et des services qu’ils méritaient et qu’ils avaient reçus, étant donné qu’ils n’avaient pas eu d’enfants durant leur long mariage et qu’ils étaient en état de décrépitude.

Une partie de ces terres fut vendue en 1860 à Don Jacinto Alegría, qui les revendit à son tour à Don Santiago Angulo et à son épouse, Doña Rufina Guillen. Cette propriété, connue sous le nom d’Yntihuatana, bordait les haciendas Silque et Kusichaka et, au nord, Huaccoto, Mediocucho-Wayllabamba, Huchuyhuayruro, Salqantay, Piccho, Hatonpiccho, Huchuypiccho, Champi Ccasa, Q’ente et d’autres, le long de la rivière Yntihuatana, pour 450 pesos cash. Deux ans plus tard, Don Santiago Angulo et son épouse cédèrent à nouveau ces terres, au même prix, au colonel Don Ramón Nadal, propriétaire de l’Hacienda Silque. Puis, en 1896, les descendants de Don Ramón Nadal célébrèrent un acte de division et de partage de biens, dont le domaine d’Intiwatana et d’autres revinrent à Alejandro Nadal, qui, en 1907, céda sa part à son frère Eduardo Nadal, avec une extension de 2 000 hectares pour 2 800 soles, dont les limites étaient au nord la rivière Urubamba, à l’est les terres du Machu Picchu ou Chuchubamba, à l’ouest la rivière Aguabamba ou Ahobamba et au sud le ravin de Palcay.

L’EXPROPRIATION DU DOMAINE DE SILQUE ET SA VENTE À LA FAMILLE NADAL

Lors de la transition de la vice-royauté à la République du Pérou, les lois relatives au statut juridique des « ruines et trésors préhispaniques » et au régime foncier des peuples autochtones restèrent globalement inchangées. Pendant les premières années, voire les premières décennies, de la République, les lois et institutions d’origine coloniale continuèrent d’être appliquées. Autrement dit, les premières lois de la République ne modifièrent pas le statu quo et se contentèrent de réaffirmer, voire de réitérer, le cadre juridique antérieur, sans apporter d’innovations majeures. Ce fut notamment le cas des sites archéologiques dont la propriété était implicitement et explicitement assumée par l’État.

Dès l’avènement de la République, l’une des premières mesures prises par le Libérateur Simón Bolívar à Cusco fut l’expropriation des biens ecclésiastiques au profit d’hospices et d’écoles. Dans cette perspective, le domaine de Silque, appartenant aux Frères de Bethléem, fut attribué au Collège des Sciences de la ville de Cusco par décret du 9 septembre 1825. Par la suite, la résolution suprême du 3 août 1826 ordonna la prise de possession dudit domaine et l’établissement de l’« Acte d’adjudication » correspondant, lequel fut finalement accordé le 28 mai 1832 au Collège des Sciences, lequel fut ultérieurement confié au maréchal Agustín Gamarra.

Le 26 novembre 1847, Andrés Gamarra, fils d’Agustín Gamarra, lieutenant-colonel de l’armée et aide de camp du gouvernement suprême, accablé de dettes envers le colonel Ramón Nadal, fut contraint de vendre aux enchères publiques le domaine de Silque à ce dernier, ainsi que tout son cheptel (bovins, chevaux, mules, ânes), les pâturages d’altitude et autres biens adjacents. La vente s’acheva pour 42 000 pesos, réglés par voie légale.

Quelques années plus tard, le 3 août 1896, à la mort d’Adeodato Nadal, fils de Ramón Nadal, les descendants de la famille Nadal procédèrent à un partage extrajudiciaire du domaine. Le domaine de Silque fut ainsi divisé en trois propriétés.

TRANSFERTS DE TERRES SOUS LA RÉPUBLIQUE

À partir de 1904, Mariano Ignacio Ferro commença à acquérir diverses parcelles de terre auprès des descendants de la famille Nadal, notamment dans la région de Q’ente. La famille Ferro parvint ainsi à faire enregistrer sa prétendue propriété du domaine de Silque à la page 60 du volume 1 du registre foncier de Cusco. Par la suite, les héritiers de Lourdes Ferro de Abril subdivisèrent le domaine en quatre lots, incluant les propriétés de Santa Rita de Q’ente et de Q’ente, et enregistrèrent cette division à l’entrée 9 dudit volume.

La propriété de Q’ente, d’une superficie de 22 000 hectares et désignée comme lot 4, fut attribuée à Emilio Abril Vizcarra. Par acte authentique du 12 septembre 1944, Emilio Abrill Vizcarra vendit les 22 000 hectares à Julio Zavaleta Flores, stipulant dans la cinquième clause du contrat une réserve de vente excluant de la transaction les indemnités dues à l’État pour l’expropriation des citadelles incas de Machu Picchu, Wayna Picchu, Wiñaywayna, Sayaqmarka et Phuyupatamarka. Ces indemnités furent ultérieurement versées par le biais d’expropriations menées par la Direction régionale de la réforme agraire, malgré des changements de dénomination : Inkarmana devint Sayaqmarka, Yuncamallaucasa devint Phuyupatamarka et Rucrepata devint Wiñaywayna. Les noms Machu Picchu et Wayna Picchu sont toutefois toujours utilisés aujourd’hui.

QUAND LE CHEMIN INCA VERS LE MACHU PICCHU A-T-IL ÉTÉ DÉCOUVERT?

Le Chemin Inca menant au Machu Picchu, scientifiquement connu sous le nom de réseau routier Qhapaq Ñan, n’a pas été « découvert » en un instant spectaculaire, comme ce fut le cas pour la citadelle en 1911. Sa redécouverte et sa mise en valeur furent un processus graduel et complexe qui s’est déroulé tout au long du XXe siècle, intrinsèquement lié à l’exploration et à l’étude du Machu Picchu et de ses environs. En réalité, les communautés andines locales de la région, telles que les habitants de Q’ente, de Wayllabamba et d’autres encore, connaissaient et utilisaient depuis toujours des portions de ces voies ancestrales. Cependant, pour le monde académique et occidental, son importance n’est devenue évidente qu’après les expéditions d’Hiram Bingham. À son arrivée au Machu Picchu en 1911, Bingham documenta et explora plusieurs tronçons du Chemin Inca reliant le site à d’autres centres incas, comme le chemin menant à Intipunku (la Porte du Soleil) et à Wiñay Wayna, même si, à l’époque, il n’était pas conçu comme un itinéraire unique et monumental.

La compréhension du Chemin Inca comme un système intégré et sa transformation en l’itinéraire de randonnée emblématique qu’il est aujourd’hui sont le fruit de décennies de travaux archéologiques et de dégagement du site, entrepris à partir de la seconde moitié du XXe siècle. Suite à la déclaration du Machu Picchu comme sanctuaire historique en 1981, le gouvernement péruvien, par l’intermédiaire de l’Institut national de la culture, a lancé des projets systématiques pour la recherche et la mise en valeur du patrimoine archéologique de la région. C’est dans ce contexte, notamment durant les années 1970 et 1980, que des équipes péruviennes et internationales (avec la participation significative d’archéologues tels que Fernando Astete) ont dégagé, consolidé et étudié scientifiquement les différentes sections du sentier, reliant les segments et comprenant leur fonction au sein du réseau routier inca (Qhapaq Ñan) ainsi que leur rôle spécifique de voie de pèlerinage vers le sanctuaire du Machu Picchu.

Par conséquent, il est impossible de dater précisément sa « découverte ». L’étape la plus marquante fut son ouverture progressive au tourisme au début des années 1980, inaugurant ainsi le circuit classique de 4 jours et 3 nuits tel que nous le connaissons aujourd’hui. Ce processus a abouti à la reconnaissance internationale de sa valeur exceptionnelle, le Chemin de l’Inca constituant un élément fondamental de l’inscription du Machu Picchu au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1983, sous l’appellation de « Sanctuaire historique du Machu Picchu ». Son importance historique réside dans le fait qu’il s’agit d’un exemple exceptionnel et tangible du Qhapaq Ñan, le système routier sophistiqué qui intégrait le Tahuantinsuyo, et sa conservation est une priorité non pas parce qu’il s’agit d’une « découverte » récente, mais parce qu’il s’agit d’un monument d’ingénierie et de paysage culturel de premier ordre.

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